Pesticides dans l’eau du robinet : une carte pour vérifier sa commune, les Hauts-de-France en tête des dépassements

Photo of author
Written By Nathalie Girard

Bienvenue sur "le-manifeste.fr" ! Je suis un expert des choses à manger et à éviter, et j'adore partager mes connaissances et mon expérience sur ces sujets. J'ai créé ce blog pour aider les gens à prendre de meilleures décisions alimentaires, en leur fournissant des informations fiables et en les informant des pièges à éviter.

Votre eau du robinet contient-elle des pesticides ? Le média Vert a publié le 28 octobre une carte interactive qui permet de le vérifier commune par commune, à partir des résultats officiels du contrôle sanitaire. Le constat est contrasté : plus de la moitié des Français boivent une eau où au moins un pesticide est détecté, le plus souvent sous les seuils réglementaires, mais certaines régions concentrent les dépassements.

En bref
— Selon les calculs de Vert, 36 millions de personnes boivent une eau contenant au moins un pesticide, sans dépassement des limites de qualité.
— 1 305 dépassements des normes ont été comptés sur douze mois, de septembre 2025 à août 2026.
— Les Hauts-de-France sont la région la plus touchée, en lien avec des métabolites d’un herbicide de la betterave interdit en 2020.

Une carte construite sur les données du contrôle sanitaire

La carte de Vert s’appuie sur le site Dans mon eau, où l’association Générations futures et le collectif Data for good agrègent les résultats du contrôle sanitaire de l’eau potable réalisé par les agences régionales de santé. Les données utilisées sont celles parues le 5 octobre 2026, qui couvrent les analyses effectuées entre le 1er septembre 2025 et le 31 août 2026.

Lire aussi :  Est-ce dangereux de boire trop d'eau ?

Le fonctionnement est simple : on tape le nom de sa commune et l’on obtient les résultats de son unité de distribution, c’est-à-dire le réseau qui achemine l’eau jusqu’au robinet. En outre-mer, faute de découpage par réseau, l’échelle retenue est la commune.

Ce que signifient les couleurs

La carte distingue plusieurs situations. En jaune, au moins un pesticide est présent, mais sous les limites de qualité : c’est le cas, selon les calculs du média, pour 36 millions de personnes sur une population de 69,1 millions. Aux yeux des autorités sanitaires, cette eau peut être bue sans risque.

En orange, les limites de qualité sont dépassées. Ces seuils sont fixés à 0,1 microgramme par litre pour chaque substance, ou 0,5 microgramme par litre pour la somme des pesticides analysés. Un dépassement ne veut pas forcément dire que l’eau est toxique ni qu’elle cesse d’être distribuée, mais des actions pour rétablir sa qualité deviennent obligatoires.

En vert, aucun pesticide n’a été quantifié : cela concerne environ 20,7 millions de personnes. En gris, enfin, aucun pesticide n’a été recherché sur la période, une absence de données qui touche près de 4 millions d’habitants, surtout dans les zones de montagne.

Les Hauts-de-France et la Normandie en première ligne

Sur les douze mois étudiés, Vert recense 1 305 dépassements des normes. La région la plus concernée est celle des Hauts-de-France : 56 % de ses réseaux de distribution présentent des concentrations supérieures aux limites, et environ 2,7 millions de personnes y boivent une eau non conforme.

En cause, surtout, les métabolites, ces molécules issues de la dégradation des pesticides dans l’environnement. Dans les Hauts-de-France, il s’agit principalement des métabolites du chloridazone, un herbicide utilisé sur la betterave jusqu’à son interdiction en 2020. La Normandie, deuxième région la plus touchée selon le média avec près de 700 000 habitants concernés, cumule ces métabolites et ceux du chlorothalonil, un fongicide des céréales lui aussi interdit en 2020.

Lire aussi :  Faut-il éviter de boire en mangeant ?

À l’inverse, la Nouvelle-Aquitaine apparaît largement en vert malgré son vignoble. Pauline Cervan, de Générations futures, l’explique par la géologie : les nappes qui alimentent les réseaux y sont très profondes, donc relativement épargnées.

L’outre-mer et la question du chlordécone

Dans les territoires d’outre-mer, 38 communes sont alimentées par une eau contenant au moins un pesticide. Générations futures relève toutefois que les analyses récentes en Martinique et en Guadeloupe ont peu recherché le chlordécone, un insecticide des bananeraies interdit en 1993 mais très persistant dans les sols et l’eau.

Que doivent faire les communes concernées ?

Lorsque les limites sont dépassées, la collectivité ou l’exploitant responsable de l’eau doit prendre au plus vite des mesures correctives. Pour continuer à distribuer une eau non conforme, il doit demander une dérogation au préfet, qui fixe un délai de trois ans, renouvelable une fois, pour revenir à la normale.

Or, d’après un rapport de l’Inspection générale des finances paru en mai et cité par Vert, aucune demande de dérogation n’a été faite dans 73 % des cas de non-conformité. Le même rapport indique que 90 % des non-conformités de l’eau potable sont dues aux pesticides et à leurs métabolites. Des associations ont déjà porté l’affaire en justice : en juin, la cour administrative d’appel de Douai a donné tort à la commune d’Oursel-Maison, dans l’Oise, pour ne pas avoir agi face à la présence excessive de pesticides.

Au quotidien : comment s’informer sur son eau

Avant toute inquiétude, le premier réflexe est de consulter les résultats de son réseau, sur la carte de Vert ou sur Dans mon eau, puis les informations de sa mairie ou de son syndicat des eaux. Si votre eau est en orange, renseignez-vous auprès de la collectivité sur les mesures prévues et sur l’existence d’une dérogation.

Lire aussi :  Peut-on boire de l'eau gazeuse tous les jours ?

Pour toute question sur la potabilité de l’eau dans un cas particulier, notamment pour un nourrisson ou une femme enceinte, c’est l’agence régionale de santé et le médecin qui restent les interlocuteurs de référence.

Questions fréquentes

Comment savoir s’il y a des pesticides dans l’eau de ma commune ?

Il suffit d’entrer le nom de sa commune sur la carte interactive de Vert ou sur le site Dans mon eau, qui reprennent les résultats officiels du contrôle sanitaire des agences régionales de santé.

Quelle est la limite réglementaire de pesticides dans l’eau potable ?

Les limites de qualité sont de 0,1 microgramme par litre pour chaque pesticide, et de 0,5 microgramme par litre pour la somme de tous les pesticides analysés.

Une eau qui dépasse la limite est-elle forcément dangereuse ?

Pas forcément. Un dépassement n’interdit pas toujours la distribution, mais il oblige la collectivité à agir pour rétablir la qualité de l’eau, en principe sous couvert d’une dérogation préfectorale limitée dans le temps.

Nathalie Girard
À propos de l’auteur :
Contributrice bien-être
Le bien-être au naturel guide mes articles : gestion du stress, sommeil, respiration et petites routines qui font du bien. J'écris des conseils doux et raisonnables, en rappelant qu'ils complètent mais ne remplacent pas un suivi médical. Mon objectif : aider à se sentir mieux au quotidien, sans tomber dans les promesses faciles. Retrouvez Nathalie Girard sur nathalie-girard.fr

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique : L'eau au quotidien